vendredi 24 février 2017

PCT Paperworks



Il y a sûrement de jeunes américains qui un jour pètent une durite, envoient leur sac à leur patron sans délai, achètent un tarp, un bout de tyvek et se présentent sur le PCT sans permis et elle est belle. Même s’il m’arrive souvent de faire les choses à la one again et qu’en général cela fonctionne très bien, en tant qu’étrangère aux States avec un boulot stable ici, ce n’est pas tout à fait la même. Les étapes de la préparation sont tout de même un peu plus longuettes. J’ai pensé que cela valait quand même la peine de les nommer.

J - 450 : Aborder un potentiel « projet de voyage » avec mon patron. Commencer à marcher dans ma région, se renseigner un peu sur le matériel et les coûts de l’entreprise.

J – 365 : Commencer à mettre sérieusement de l’argent de côté. L’estimation provisionnelle des coûts d’un tel voyage se monte à : 6000 $ avec le matériel, auxquels il faut rajouter les frais de billet d’avion, de visa, d’assurance, etc.

J – 150 : Bien réfléchir à ce que je vais faire de mon appartement durant mon absence. Faire une demande formelle de congé non-payé, faire une demande de visa américain. Rien que cette dernière étape mériterai un post à elle toute seule. Je vais m’en abstenir, mais j’aimerai quand même dire que : malgré toutes les horreurs entendues sur la difficulté d’obtenir un visa, tout s’est hyper-bien passé, rapidement et même chaleureusement ( !) à l’ambassade des Etats-Unis à Berne. Trouver une sous-locataire par le biais de connaissances communes – tous sont voyageurs, et les choses s'agencent impeccablement, comme souvent dans la vie quand elles sont justes ;) Acheter un billet d’avion pendant que les prix sont bas. Ecrire aux trails-angels de San-Diego.

J - 100 : Commencer à flipper et à attendre avec impatience l’ouverture des permis. Il y a un système de quotas strict depuis quelques années, avec pas plus de 50 personnes par jour qui peuvent obtenir un permis pour partir du terminus Sud. L’écosystème fragile du désert était mis à rude contribution par tout ce monde, d'où le système de quota, que je veux respecter.

J – 69 : Ouverture des permis. Comme il est apparemment de mise chaque année à cette occasion, le serveur saute. Impossible de se connecter pendant une heure. Quand j’ai enfin une connexion, la date que j’espérais  est déjà entièrement bookée. A choix, 3 semaines plus tard ou 8 jours plus tôt. Je pré-réserve 8 jours plus tôt, à l’insu de mon plein gré d’ailleurs, mais je suis prisonnière du système informatique, et je n’ai que quelques secondes pour faire un choix avisé, car je vois les places disponibles disparaître à toute vitesse sous mes yeux ébahis. Il me reste à soit retenter ma chance mi-février vu que des slots supplémentaires seront mis en ligne à ce moment, mais avec peu d’espoir de succès, soit à prendre une semaine de vacances supplémentaires et changer mon billet d’avion. Je choisis la seconde solution en me disant que rien n’arrive par hasard, même si cette plaisanterie me coûte la bagatelle de 650 frs en billet d’avion et pas mal de stress supplémentaire au niveau du travail.

J – 60 : Premier round de négociation avec les impôts concernant les tranches 2017. Ouf.

J – 45 : Reçu mon Permis PCT. Faire mon « California Fire permit », nécessaire pour tout feu en plein air en Californie, y compris pour l’usage d’un réchaud. Je ne suis pas encore décidée à en faire usage. Mais on ne sait jamais. Etre acceptée dans les groupes Facebook « PCT class of 2017 » et « Women of the PCT ». Pas indispensable, mais cela fait du bien de se retrouver en contact avec des like-minded souls. Et de s’inquiéter ou de se rassurer en cœur concernant le fait de survivre à toute cette neige.

J – 37 : Trouver une solution d’e-banking d’urgence qui n’implique pas une calculette (60 grammes + électronique fragile = bof bof sur le PCT) ni une nouvelle puce téléphonique coutant les yeux de la tête : check.

J - 35 : Reçu mon permis pour entrer au Canada depuis le PCT. Second round de négociation avec les impôts pour que l’enregistrement de ma taxation ait lieu à une date où je serais en mesure de traiter l’information.

J- 30 : Accueillir ma colocataire et vider mes dernières affaire de ma chambre. Du coup, très peu d’espace vital = je dois préparer mon sac pour prendre l’avion maintenant.


Normalement c’est fini toute cette paperasse, il me reste à programmer quelques ordres permanents. Et cette ligne de ma liste de matériel peut être complétée : mon passeport et tous ces permis, dans une fourre en plastique étanche comme il se doit, pèsent 99 grammes. Pfiou !

3 commentaires:

  1. J-30. Dédé dit à globe trotteuse qu'elle va lui manquer. N'oublie pas la bear box. 😊

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  2. J'achèterai la bear Box et le piolet à Kennedy Meadows. Toi aussi tu vas me manquer ! J'espère également te faire un peu envie ... :)

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  3. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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