vendredi 28 avril 2017

Jour 24 : Big Bear Lake à mile 281

28.04.2017 : 15,1 miles ou 24,3 kms

Difficile réveil ce matin. C'est ça d'abuser de la dive bouteille...

Notre chauffeur nous dépose à l'intersection avec le trail, et voilà, je suis très vite seule au monde. Les gens que je connais sont soit bien devant, soit bien derrière, et certains ont probablement sauté des miles. Impossible de savoir où sont les gens. Mais d'un autre côté, cette solitude me plaît, elle est pleine de liberté.


Vue sur le désert du Mojave.

Le trail est soit un confortable terrain de terre molle recouverte d'aiguilles de pin, soit un sol caillouteux rose, avec parfois les traces évidentes de plans entiers de montagne qui ont glissé, très casse-figure.

Mon sac est lourd avec 6 jours de nourriture, une réserve de gaz, et 3 litres d'eau. Heureusement la fraîcheur est revigorante, car nous sommes bientôt à 2300 mètres. Ici, le Pct oblique vers l'ouest pour environ 200 miles, suivant la chaîne de San Bernardino.

Après une petite pause de midi, l'énergie revient. J'ai opté pour le système des grignotages durant la journée, et m'en porte plutôt bien. Sauf que les barres énergétiques veganes, sans gluten et sans ogm, bref, sans rien que du soja et des cacahouètes, dont je me suis largement servie dans la hiker-box, sont vraiment immangeables. Pouark !

Le terrain change ensuite. Il devient plus alpin.




Le lac de Big Bear est plus grand qu'il n'y parait depuis la ville.



Vers 18h, je trouve un endroit où monter ma tente. Les jours sont manifestement plus long qu'il y a un mois, mais là il fait froid et je me mijote un bon petit riz au brocolis.

jeudi 27 avril 2017

Jour 23 : Journée ravitaillement & bilan matériel

27.04.2017 : 0 miles et kms

Pas très décidée sur le programme de la journée, je sais juste qu'il me faut faire des courses. En effet, il ne me reste plus qu'un seul et unique paquet de ramen, et un petit déjeuner. Je compte qu'il me faudra 6 jours de nourriture jusqu'à Cajon pass.

On dit souvent que les hikers ne parlent que de matériel avant, et que de nourriture après. Pour moi qui ne suis pas encore atteinte de la faim du hiker, je me suis dit que ça pouvait être un bon moment pour faire un petit bilan du matériel après 3 semaines.

Mon t-shirt merino commence à avoir des trous dans le dos. Mon pantalon de randonnée est détruit sur le bas, la partie short pourrait tenir encore un peu.

Ma première paire de souliers, des trail-runners de Salomon, ont la semelle trop fine et je ne sais pas si une nouvelle semelle arrangerait les choses. La seconde, aussi Salomon, semble mieux résister. Les deux ont les coutures des bords qui ont explosé dans les 3 jours.

Mon pantalon de pluie léger, utilisé uniquement pour dormir et pendant que je faisais la lessive, a déjà un trou aux fesses.

Mon sac à dos montre des traces d'usure impressionnantes. J'esperais faire au moins la Sierra et sa partie "bear canister" obligatoire avec. Maintenant j'envisage de m'en acheter un au prochain Rei, près d'Acton, je crois.

J'ai du scotcher des déchirures sur ma tente après une semaine. J'en reste néanmoins enchantée, surtout à cause du poids. Et au pire, il me semble que Zpacks garantit ses articles "au moins un thru-hike".

Je reste également très contente de mon système pour dormir. J'ai toujours détesté les sacs de couchage, alors le système quilt & mini-matelas thermarest, c'est top. Mais j'aurais dû prendre un quilt 10 degrés et non pas 20, erreur assez commune si j'entends juste ce qui se dit autour de moi.

Comme le disait hier Yoda avec qui j'en discutais : ça n'est pas du tout un usage normal du matériel. Le sac à dos garanti à vie tient 3 mois. Ce qui est un investissement pour un randonneur normal est un bien de consommation jetable pour nous. Dans cette perspective, je pense avoir été bien conseillée pour l'achat du matériel initial, bien que le sac à dos soit l'item qui me chagrine un peu.

Donc aujourd'hui je vais à la poste renvoyer encore quelques trucs à la maison. J'y croise Ashley qui me dit qu'elle a passé la nuit dans une auberge bon marché juste à côté. Et voilà, je me retrouve là où l'autre moitié des hikers à dormi.

De là, nous trouvons un chauffeur jusqu'au supermarché. Et voilà :


6 jours de nourriture, j'espère, avant...


et après...

Ce soir, c'est décidé, je me paie un bon repas.


Big Bear Lake

mercredi 26 avril 2017

Jour 22 : ne jamais se baser sur hier pour savoir de quoi aujourd'hui sera fait !

26.04.2017 : 20 miles ou 32 kms (à peu près)

Je n'ai pas eu trop froid cette nuit sur ma montagne, ce qui est plutôt bien. Je me rends compte que si nécessaire, j'ai encore assez de nourriture pour passer une nuit sur le trail avant d'aller en ville pour me ravitailler, ce qui m'enlève un stress. Donc, je vais aller à mon rythme, et voilà !

En fait mon rythme est plutôt bon, et voilà que je me prends à me dire que je vais pouvoir faire mes 20 miles que le séparent de la route pour je pourrais faire du stop.


Ou appeler un trail-angel.




Journée superbe et paysages variés, voilà ce qui m'attend !



Je passe devant les cages des animaux, c'est un zoo privé qui garde des animaux pour les films d'hollywood. Je ne vois qu'un grizzly qui dort, mais il est énorme ! Quand il respire, son torse bouge d'autres moins 10-15 cms !




Trail-magic! Quelqu'un a amené un canapé ici. Et dans la benne il y a des biscuits, une banane, et des articles d'hygiène. Je prend la banane et quelques Q-tips.

Quand j'ai enfin un peu de service téléphonique, je peux contacter ceux qui sont en ville depuis hier. On m'indique une adresse.


Les derniers miles sont difficiles à cause du vent, mais avec vue sur le désert du Mojave.


Panneau incongru...




Un bébé à sonnettes, les plus dangereux, paraît-il.

Quand j'arrive au trailhead, la seconde voiture qui passe s'arrête, c'est une femme charmante qui normalement ne s'arrête pas pour les hikers, mais qui a fait une exception parce qu'elle à vu que j'étais une femme seule.

Elle ne connaît pas l'hôtel dont on m'a donné l'adresse, mais me dépose au meilleur bar du coin. Et revoilà la famille de hikers !


Nous avons envahi le bar ! On y mange d'ailleurs très bien pour pas cher...

Épuisée, je vais au lodge, qui il faut le dire, est normalement fermé pour rénovation, mais qui a ouvert exprès pour nous ce soir.
Petite ville. Il y a même un type qui traverse la route pour me demander comment ce passe mon voyage. Sympa.

Et voilà que j'écris ce billet depuis un matelas king-size et moelleux dans le lodge en attendant que ma lessive se termine.

Jour 21 : Dure, dure journée...

25.04.2017 — 14,3 miles ou 23 kms

Il y avait tellement de vent cette nuit que le piquet de ma tente est tombé, et que j'ai renoncé à le remonter. J'ai donc dormi dans le cocon de ma tente retombée sur moi.

Mise en route difficile. Le corps physique a de la peine, et l'émotionnel aussi. Et puis, ce canyon n'en fini pas de monter. Nous allons le longer sur encore 8 miles ou 12 kms. Et ça monte encore, dans un décor peu avenant. En effet, il y a eu un feu de forêt ici, l'an passé je crois, et les traces en sont encore vives. Et avec le feu vient un autre danger : le Poodle Dog Bush, plante pionnière de ces espaces dévastés, mais qui est extrêmement toxique ! Difficile à reconnaître quand elle est petite comme maintenant. Par contre, elle sent la Marie-jeanne. Consolation dans un moment difficile, un jeune homme remonte le chemin en jouant de l'ukulele.





Puis en arrivant en haut, il fait carrément frais ! Nous sommes montés de presque mille mètres, pour être à près de 2500 mètres d'altitude ! La seule "consolation" de tout ça est qu'apparemment c'est ultra-dur pour tout le monde.

Je peine horriblement et voilà que j'ai des douleurs qui ressemblent à des calculs biliaires... Je crois me souvenir que c'est peut être en lien avec la déshydratation, donc je me met à boire le plus possible.



Il y a de belles vues une fois sur la crête. J'ai une espèce de second souffle en fin d'après-midi, mais je n'ai pas envie de me lancer dans la folle course contre la montre que vont faire certains pour arriver en ville.


Il y a un chalet sur la crête, prévu pour que des groupes puissent y camper. Il tombe en ruine, et ne me dit rien qui vaille. Je vais donc planter ma tente non loin. Espérons que demain ça ira mieux !

mardi 25 avril 2017

Jour 20 : Mission Creek

24.04.2017 - 14,2 miles ou 22,85 kms


Vue de mon camp ce matin.

Debout de bonne heure. Je me met en route plutôt à la fin du peloton. Mais voilà, après à peine 2 miles, il y a une rivière à traverser.



Et là, prenez un groupe de gens qui n'ont pas pris de douche depuis plusieurs jours. Qui n'ont pas vu de vrai rivière depuis plusieurs semaines... Après peu de temps, la plupart d'entre nous s'y sont plongés intégralement et tout habillés. Elle est glacée, mais ça sèche ultra-vite. Bon, il fait admettre que ce sont les scandinaves qui ont lancé le mouvement.


Flower fait des pompes.

On repart. Aujourd'hui pour le second jour consécutif, mon sac ne me paraît plus ultra-lourd. Il faut dire que j'ai calculé ma nourriture pour les prochains jours au minimum. Ça change par rapport au début ou j'avais toujours trop. Et pour l'eau, j'essaye aussi de porter peu et de faire le plein à chaque source. Ça fait du bien un sac plus léger.

J'ai aussi l'impression d'avoir perdu du poids. Et ça n'est pas parce que je perd mon pantalon que je suis ça, mais parce que mon corps me donne l' impression d'avoir plus de tonicité, d'énergie. Peut être que je suis effectivement en train de me faire mes jambes de hikeuse.


Pause au bord de la rivière.

L'après midi va consister à remonter le canyon de Mission Creek. Toujours la même rivière qui fait des méandres. Il fait chaud mais le plus souvent il y a une jolie brise.



Et au moment où je fatigue : un trail crew! Ces jeunes volontaires et bénévoles font un travail magnifique d'entretien du trail !


M-E-R-C-I, merci, merci, merci les gars et les filles !

Je fais de l'eau et discute un moment avec eux, les félicitant et les remerciant à profusion. Aujourd'hui, à cet endroit, ils ont dégagé un éboulement de terrain !

Je monte le camp un peu plus tard, quand les ombres qui envahissent le canyon le rendent un peu frisquet. Un type fait un feu. Je ne trouve pas que ce soit très prudent, vu le vent, mais faire chauffer son repas sur les braises est vraiment bienvenu.

lundi 24 avril 2017

Jour 19 : I 10 à Whitewater preserve

23.04.2017 - 10,8 miles 17 kms

Hier dans mon épuisement, j'ai probablement oublié de faire mention de ce qui peut être aurait dû être le plus important de la journée : l'incroyable senteur de la sauge et des lilas dans le désert. Et ma seconde rencontre avec un serpent. Pas à sonnette, celui-la, mais un serpent long d'environ 1,50m, vert, un peu comme une couleuvre mais plus clair. Il a fui dans les hautes herbes bordant un trou d'eau, ce qui restait d'un ruisseau saisonnier.

J'ai vite sombré hier, sur la moquette épaisse du trail-angel. C'était un monsieur veuf, qui fait ça surtout pour s'occuper. Mais dès que j'ai à peu près récupéré, ma seule obsession à être de m'extraire de là.

Mais avant, il me faut aller voir "le plus grand dinausore du monde" et je vais prendre mon petit déjeuner au Burger King juste en face.



Vers midi, Hillbilly me ramène au trail. Il s'agit maintenant de ressortir du dessicateur. C'est dur, mais au fur et à mesure que je m'éloigne de l'interstate, mieux ça va.

C'est une longue montée au plus chaud de la journée, au dessous des champs d'éoliennes. Alors que je fais une pause voici Marlen, devenue Rocks, qui passe. Je ne l'avais pas vu depuis au moins 10 jours.


La on voit les lacets, et même peut être 3 petits hikers.

Puis dès que l'on passe la crête, le paysage change, et on descend en direction et San Giorgono.





Il y a un vent d'enfer, et parfois il faut lutter pour rester debout.



Puis c'est la descente dans le canyon. Et jusqu'au camp, qui est un endroit magique. De nouveau je prends 15000 photos.





Cerise sur le gâteau, je retrouve toute une équipe connue. On se retrouve à 20, autour de bière, de melon, et de mozzarella. C'est comme une grande réunion de famille.

samedi 22 avril 2017

Jour 18 : Difficile descente sur Cabazon

22.04.2017 : 19 miles ou 30,5 kms

Je tombe du lit pour ainsi dire, et insiste pour partir le plus tôt possible, parce que cette descente est connue pour être difficile. On va perdre 1800 mètres d'altitude sur 30 kms, avec une seule source d'eau, dont nous ne sommes pas sûres qu'elle coule encore, vu que le dernier rapport la concernant date du début du mois.



C'est pour ainsi dire la course contre la montre, et nous avançons bien. Et nous calissons de l'eau, jaunâtre, mais qu'importe. Vers midi, Yippee me fait un peu peur, elle veut s'arrêter pour le repas. Mais je lui demande d'attendre que nous soyons à l'ombre. Sauf que de l'ombre, il n'y en a pas.


Au mile 200, je suis toujours motivée.

À la première parcelle d'ombre, nous nous arrêtons, mais c'est un peu tard. Yippee se met à vomir l'eau qu'elle vient d'avaler. Coup de chaleur. Je suis un peu démunie. Je vais assez bien, mais la seule solution semble de continuer jusqu'à l'eau, sauf qu'elle ne semble pas en état.

Et là, voici qu'un couple de canadiens, Rachel et Steve, qui arrivent encadrant un des hommes qui ont aussi campé au Trailhead. Il s'est cassé la figure et a le visage couvert de sang. Rachel reste avec nous, réhydrate Yippee, et nous repartons tout lentement. Encore 3 miles jusqu'à l'eau. C'est long, nous faisons régulièrement des pauses. Un jeune homme nous amène de l'eau, c'est sympa.

Lorsque nous atteignons le robinet, le moral des troupes remonte. Des jeunes contactent un trail-angel de Cabazon. Il est d'accord de venir nous chercher, mais la route sur laquelle nous sommes est fermée. Il faut marcher encore 3 miles jusqu'à l'autoroute. Tout le monde a l'air bien. Mais c'est d'abord un kilomètre de route, et ça chauffe. Ensuite, c'est pire. Nous marchons en nous enfonçant à chaque pas dans un sable foncé.

Yippee refait un petit malaise. Les jeunes se partagent des sacs et un gars lui porte son eau et son ombrelle. Toutes sont vraiment super.

Un vent chaud et sec balaye la plaine. Il m'assèche l'organisme à mesure que je bois une eau devenue carrément chaude. Les 2 dernier kilomètres sont une torture. Un des gars dit que c'est comme de passer au dessicateur, et franchement c'est une très bonne image.


Un des très longs trains que nous avons vu passer.


Franchement contente d'y être arrivée ! Fin de la section B.


Dennis est un personnage ! Il vient nous chercher dans son superbe vieux van. Dont Flower et Iron Husk descendent. Quelle bonne suprise ! Il a ouvert sa maison aux hikers depuis cette année. Ça fait du bien de se sentir propre et hydratée !

Jour 17 : Fuller Ridge

21.04.2017 — 7.15 miles ou 11.5 kms

Nous avons campé à 2500 mètres. Je me réveille abréviations un léger mal de tête : l'altitude ?

Mise en route difficile pour Yeppee qui n'est persuadée que nous avons tout notre temps... En fait, nous avons 3 miles difficiles devant nous. Avec de la neige et des arbres abattus. Je m'offre mon premier postholing, comme on dit ici pour le fait de s'enfoncer dans la neige quand elle cède...
Puis c'est bientôt notre première traversée de rivière un peu périlleuse.



Bon, on repart, et nous arrivons au premier passage de la crête à midi. Petit repas : une tortilla cenovis et thon, c'est pas terrible, mais c'est le mieux que je puisse faire en ce moment.



Je prête d'abord un micro-crampon à Yippee, mais il est bientôt clair qu'elle a besoin des deux. Je suis vraiment contente d'avoir changé de souliers et d'avoir pris ceux avec un meilleur profil. Sinon une de nos deux ne passait pas. On revient sur la partie ensoleillée de la crête ou un mile d'abord en descente puis en montée. On est dans un four. Puis vient Fuller Ridge à proprement parler.

C'est à dire de la neige, soit verglacée, soit en train de fondre et toute molle dans laquelle on s'enfonce et on glisse. Je précède, et je suis des traces la plupart du temps, mais la navigation n'est pas toujours aisée.




C'est le désert là en-bas. Avec d'immenses fermes d'éoliennes et de panneaux solaires.

Quand nous arrivons au Trailhead, Yeppee est lessivée. J'aimerai bien aller un peu plus loin, car sinon la journée de demain va être monstrueuse, mais comme elle a très mal à sa cheville, je n'insiste pas trop. Nous allons donc camper là. J'ai hâte de faire de plus longues journées, mais il est évident qu'il était plus sûr de faire ça à deux.

Et nous sommes toutes deux contentes de ne pas nous être laissé dicter notre conduite par la peur et d'avoir osé prendre le Pct plutôt que l'alternative.

vendredi 21 avril 2017

Jour 16 : Le toboggan du diable / une journée de paradis

20.04.2017 : 4 miles de Pct et 5 miles pour le rejoindre... = 15 kms

Cette nuit j'ai mauvaise conscience, j'ai presque envie de retourner faire les 11 miles de Pct que j'ai sauté à cause de la fermeture du trail. Mais Yippee se réveille toute motivée à essayer Fuller Ridge, la traversée dangereuse car couverte de neige qui l'impression ne, et qui est connue pour être dangereuse. En effet, elle n'a pas encore reçu ses crampons.

Départ tôt, donc. J'arrive pourtant à la convaincre de rejoindre le Pct par le chemin le plus long, plutôt que celui qui est tout près du camping, pour ne pas pas louper encore plus de miles.

Nous marchons environ deux miles et demi pour rejoindre le Trailhead. Chanceuses, nous rencontrons le gars qui écrit les rapports sur l'état de Fuller Ridge et il nous donne des renseignements détaillés sur l'état du trail. Il connaît le coin comme sa poche et y monte environ tous les 2 jours.
Et vous arrivons au Trailhead en même temps que les jeunes qui ont pris la navette de l'hôtel... pas mal pour des vieilles !

Nous empruntons "the Devils Slide" qu'on pourrait traduire par le toboggan ou la glissade du diable. J'ai pris un million de photos, aujourd'hui, tout est tellement beau, j'ai envie de m'arrêter tous les 10 mètres. Je posterai d'autres photos sur Instagram quand j'aurai du Wi-Fi.





La montée est assez raide, et aujourd'hui nous sommes passées de 1650 m à 2740 m.

Nous rejoignons le Pct. Il y a beaucoup d'arbres tombés en travers du chemin, certains probablement depuis des années.


Quel âge pouvait-il avoir ? 300, 500 ans ? Je n'ai pas compté.



Puis commencent les premières neiges. La neige est assez molle. C'est assez pénible. Puis il y a un long trajet dans la neige. Nous sommes contente que de bonnes traces marquent le chemin, sinon la navigation serait sans doute difficile. Nous déjeunons au croisement des chemins avec des jeunes qui ont tenté de faire le Mont San-Jacinto. Ils ont rebroussé chemin après 1/4 de mile. Trop difficile sans équipement pour la neige. Ça me redonne bonne conscience entre pas avoir tenté ça hier.

Autre difficulté aujourd'hui. Quand il n'y a pas de neige, le trail est envahi de broussailles avec des piquants monstrueux. Je me félicite de n'avoir rien changé à ma tenue. Je préfère que ce soient mes bas de pantalons que les jambes qui soient griffés par ces épines. Par contre, l'odeur de pin est délicieuse.



Nous faisons de l'eau à Strawberry Cienega, et atteignons notre camp avant 15h. Quelqu'un a installé un porta-potty en haut de cette montagne, c'est néanmoins un endroit magnifique pour camper. Nous sommes bientôt rejointes par d'autres randonneurs. Il y a des vues superbes.

C'est dans aucun doute une des plus belles journée passée sur le trail jusqu'ici !

mercredi 19 avril 2017

Jour 15 : Zéro à Idyllwild

Je n'étais pas très convaincue de la nécessité de faire un zéro déjà maintenant, mais j'ai eu tellement mal aux jambes cette nuit que je me suis laissé convaincre.

Et Idyllwild est connue pour être une très jolie ville, touristique, mais adorable.


La lessive à l'américaine...

Et faire sa lessive, prendre une douche, employer des toilettes : ça fait de vous une femme toute neuve ! Aujourd'hui je recharge mon téléphone — mon chargeur fait des siennes — je lis les cartes de ces prochains jours. Je vais à la poste chercher mon paquet de cartes et mes micro-crampons, et renvoie tout ce dont n'ai pas besoin ces prochains jours. Passe une heure à la bibliothèque à lire mes mails et à chercher, infructueusement, quelques informations sur face de bouc.

Les québécoises ont loué une voiture pour partir en Oklahoma. Les gens qui partent du trail ont souvent de la peine à y revenir. La plupart des hikers passent un zéro ici, puis s'en vont... On verra bien... Quand à moi, je cherche ma bulle. Ceux avec qui je pourrais faire la Sierra.







Je mange beaucoup ici mais j'ai bonne conscience... Ce matin on m'a dit que j'avais perdu du poids... Pas de balance : là aussi, on verra. Demain nous attaquons un des premiers passages où il devrait y avoir de la neige !