dimanche 11 juin 2017

Jour 66 : Over Kearsage Pass

10.06.2017 : 13,4 miles ou 21,5 kms, c'est à dire quelques miles sur le Pct, 2 sur Bullfrog Lake Trail, quelques miles sur Kearsage et 2 miles de route...

Ouf, au réveil les nuages qui s'accrochaient aux sommets hier soir ont disparu. Au moins ça. Pour le second matin, j'enfile des chaussettes gelées dans des souliers gelés. Je ne sais pas si il y a des gens qui s'y habituent, mais pour moi, c'est le truc démoralisant, de se dire que ça pourrait être comme ça pendant deux mois. Ma cheville me fusille de douleur à chaque pas, vu que le bord gelé de la tige frotte sur l'hématome déjà bien formé là.


Plusieurs avalanches ont dévasté la forêt dans la vallée où nous avons campé. Tous ces arbres déchiquetés comme autant de fetus de paille...

Il y a encore un petit passage de torrent sur un tronc, puis c'est la neige, tout le jour, puisque nous remontons en direction de Kearsage Pass. J'observe sur une assez longue distance que bien souvent les empreintes de cervidés montrent qu'ils empruntent les mêmes chemins que les humains. Eux aussi cherchent sans doute à éviter de postholer et les chemins très parcourus sont sans doute un peu moins parsemés de suncups.

Ni Romana, ni moi n'y tenons plus. Nous sommes d'accord pour nous débarrasser l'une de l'autre et je la vois partir avec un certain soulagement. En cinq jours, je n'ai vu sourire cette femme qu'une seule fois !

Bon, je ne suis pas plus rapide pour autant, maintenant que je dois faire ma propre navigation, mais j'apprécie chaque minute de cette journée ensoleillée dans la neige, qui pourrait bien être la dernière avant un certain temps, vu qu'à Independance je compte passer un bon moment à me renseigner sur ce qui se passe plus au Nord afin de déterminer la suite à donner à ce voyage.

J'ai enfin le temps d'admirer vraiment le paysage et de prendre des photos.


Entre-vue...

Après une première montée un peu raide, j'arrive à la jonction de Bullfrog Lake où je quitte le Pct. Ce sentier va d'abord longer un ou deux lacs avant de rejoindre celui du col.


Beauté glacée des lacs de montagne.


Je m'améliore dans le repérage de l'approche de col !

Il y a de nouveau un pierrier et une grimpette dans la neige, mais rien d'aussi raide que hier.




Ça ne sort pas très bien sur la photo, mais oui, ce lac a réellement une forme de crapaud !

Ensuite, il s'agit de redescendre du col à l'Onion Valley Trailhead. C'est le week-end et il y a un nombre incroyable de personnes qui montent le sentier, raide et couvert de neige, les courageux. Plusieurs ont prévu de camper là, mais le peu d'espace disponible en décourage certains.

La descente s'apparente parfois à de la randonnée, mais plus souvent à du ski sans skis ou à de la luge sans luge. Vers la fin, quand le trail commence à être parfois visible, c'est le plus souvent une rivière. Puis bien sûr, il y a trois mètres de trail sec et au soleil, alors je manque de marcher sur un serpent qui a pensé que c'était un bon endroit pour prendre un bain de soleil. Je les avais presque oublié, ceux là ! Je saute plus ou moins par-dessus et le vois du coin de l'œil se recroqueviller pour attaquer, puis nous filons tous les deux dans des directions opposées, quittes d'une bonne frousse !

Au trailhead, ma première préoccupation est de m'oter les pieds des chaussures. J'ai le temps de faire un lunch tardif, de vider mon sac des déchets, de percer quelques cloques, de mettre à sécher mes chaussettes et mes gants. Des hikers dorment par terre au soleil, d'autres font du yoga. Peu de voitures à cette heure-ci. Ce qui fait que quand j'en vois une qui fait mine de descendre et qui accepte de me prendre, je me précipite, et j'oublie mes gants et mes chaussettes.

Super sympa, le gars qui conduit, mais il ne va pas jusqu'à Independance, et me laisse à sept miles. Je commence donc à marcher sur la route, mais ma chance légendaire au stop semble évanouie. Il faut dire que je dois avoir une sacrée dégaine avec mon piolet, mes bâtons de rando, marchant en crocs le long de la route, mes souliers sur l'épaule !

Bon, pour finir un couple a pitié de moi et m'épargne les cinq miles qui me restent jusqu'à Independance. Au carrefour, voilà que je rerouve Young Shot et trois autres hikers qui essayent de remonter au trailhead, avec l'objectif d'aller jusqu'à Vermillon Valley Resort.

Quand j'arrive enfin à un hôtel, je choisi pour une fois celui qui est un peu plus chic, plutôt que le moins cher. La sympathique propriétaire doit avoir pitié de moi quand je lui dit que je n'ai plus l'énergie de marcher jusqu'à l'unique restaurant de la ville et lui demande à pourvoir cuisiner dans la cour. Elle partage son dîner avec moi !


Repos à l'ombre, avec un magnifique siamois câlin en prime !

Apparemment, je fais peur à voir, je suis rouge écrevisse, vu que je n'avais plus de crème solaire, et mon état semble inquièter le mari de la gentille proprio. Il essaie de me convaincre de faire un masque au miel, mais cela a beau chauffer, je n'arrive pas à m'y résoudre !

Ce soir par la fenêtre, la lune illumine tout d'une douce lumière... Ah... Dormir dans un lit !

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