mercredi 20 septembre 2017

Jour 165 : Belden

17.09.2017 : 17,2 miles ou 27,7 kms

Ce matin encore, il fait frais. La météo annonce 2 degrés au fond de la vallée... Ici ? Mon eau n'a pas gelé, c'est tout ce que je peux dire... J'apprécie néanmoins un magnifique lever de soleil, bien au chaud dans mon nid.



Aujourd'hui, il faut que je vous parle des écureuils. Ils sont les pipelettes de ces bois. Ailleurs, c'est souvent les geais bleus qui ont ce rôle, mais ici, dans ces forêts d'immenses conifères, on voit peu d'oiseaux. Et en filtrant mon eau, je prends le temps de bien observer. Les petits gris — il y en a tant d'espèces ! — montent dans les pins, qui font bien vingt mètres, en moyenne. Et ils font tomber les pives encore vertes pour pouvoir les décortiquer. On les vois redescendre de l'arbre et essayer de repèrer où peut bien être cette pive, qui parfois s'est brisée, vu la hauteur. Puis ils s'attellent au déplacement de la pive. C'est drôle, elle fait parfois le double de leur taille.


Et si par hasard je passe sur le trail à ce moment là, que la bestiole doive lâcher sa prise, elle va aller attendre mon passage un peu plus loin, hors de portée, mais je me fais souvent copieusement enguirlander.


Parfois, ils vous aboient dessus, pour ainsi dire, et parfois, comme celui-ci, ils frappent le tronc de leurs pattes, pour montrer à quel point ils sont impressionnants.


Et pour une fois que j'arrive à en photographier un, de geai bleu, en voici un, vu à Belden.

Belden a une réputation, sur le Pct, et ce, à plusieurs titres. Une des réputations, c'est que les descentes qui y mènent sont rudes. Et les montées aussi, pour en ressortir. Il n'est pas sur qu'un sens soit préférable à l'autre... Les deux sont violents, juste d'une manière différente.

Moi, je suis dans le sens : descente à casser les genoux. Court, 4 miles environ, mais extrêmement brutal. A tel point que le dois faire une pause à mi-chemin, malgré l'appel de l'estomac.

Une autre réputation est liée au fait que cet endroit est un lieu de rave-parties, que c'est un des endroits du trail où l'on peut voir "des gens plus mal en point que les hikers". Ceux que je verrais en ce dimanche après-midi n'ont pas l'air si mal en point, même si je vois un jeune homme, assez mignon, tout en noir, s'éloigner avec sur son sac à dos une veste pailletée rose bonbon.

Ensuite, il y a toute une controverse cette année : Belden est accueillant / les hikers ne sont pas bienvenus. Je vais donc observer. En fait, je m'offre un excellent
repas (même si j'en ai marre, marre, marre des hamburgers !) à un prix raisonnable, et avec un service décent.

En fin d'après-midi, je reprend mon chemin, qui va monter... Forcément !
Je vois d'abord un bébé à sonnette, tiens, ça faisait longtemps, qui doit être dans sa deuxième année, si c'est vrai qu'on peut connaître leur âge en comptant les anneaux de leurs clochettes. Puis, quelques mètres plus tard, un truc étrange... La forme et la taille du corps est celle d'un de nos lézards, mais sans pattes, et albinos. Et ce "truc" n'est pas très dégourdi, non plus. En fait, je suspecte fortement que c'est un serpent tout fraîchement sorti de l'œuf. Je suppose qu'il leur faut un petit moment pour se pigmenter.

Le soir arrive, et il y a très peu de lieux de camp possibles. Le trail est casse-figure, c'est de la rocaille mal dégrossie, à nuit tombe et ne n'ai plus de lampe de poche ! Je découvre le lieu de camp un peu à tâtons, qui n'était pas au bon endroit sur l'app. Il fait beau, je pose juste par mon Tywek par terre, ne monte pas de tente.

Je suis dans Lassen national forest. Je sais qu'il y a une histoire de bear canister, mais je n'ai pas étudié la question. Sans lampe et dormant à la belle, je dépose juste la bear box à côté de moi. Ma foi, si l'ours veut ma bouffe, il faudra qu'il vienne me faire une léchouille !

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